Les artistes de la collection
BENOIT Norbert
Fils d’une écuyère, Norbert Benoit (né Norbert Benoit Vanpeperstraete en 1912 à Molenbeek-Saint-Jean et mort en 1997 à Braine-le-Comte) passe sa petite enfance dans la magie du cirque et des coulisses du Music-hall. Très tôt, il révèle une personnalité talentueuse et originale. Il débute sa carrière artistique en 1936, en réalisant des courts métrages d’animations. Artiste polyvalent, Norbert sera tour à tour : pianiste, mime renommé, cinéaste insolite, peintre enfin étiqueté le « naïf noir ».
Rapidement, la critique décèle en lui l’artiste imaginatif ayant les dons requis pour réincarner Odilon Redon et illustrer avec l’esprit acéré qu’il faut, les rêves les plus incongrus et les plus fous d’un Lautréamont. Mais Norbert ne peint, ne filme, ne mime que lorsqu’il en a envie. « Faire carrière », il laisse cela à tous les avisés. Après avoir connu les heures de gloire, il décède, oublié, dans le dénuement.
BEYAERT Jeanine
Jeanine Beyaert peint d’instinct, sans esquisse préparatoire. Elle jette ses angoisses en touches colorées qui se juxtaposent et s’enchevêtrent, créant des images vibrantes et fortes. Ses sujets sont virulents et insolites. Cette tension graphique se retrouve dans chacune de ses réalisations, quelle que soit la technique : peinture à l’huile ou encre de Chine. La peinture lui sert d’exutoire.
Ses œuvres, jugées trop dérangeantes par son entourage, furent cachées pendant de nombreuses années.
BOS Dirk
Fils d’un riche propriétaire terrien et exportateur d’œufs, il est ruiné lors de la dévaluation du peso argentin. Il décide alors de partir pour Israël avec sa famille. Il veut voir Jérusalem, le mont des Oliviers, cueillir la rose de Jéricho et retrouver le berceau du Christ à Bethléem. Il vit là-bas, achète de ânes, perd le reste de sa fortune et revient en Europe avec sa Bible pleine de fleurs séchées.
Il commence à peindre à l’âge de 80 ans en empruntant les couleurs de son gendre Désiré Haine et réalise en l’espace de 6 ans, 180 tableaux sous l’inspiration de la lecture quotidienne des saintes Écritures. Sa peinture est essentiellement mystique, lieux spirituels de la Promesse où se situe le Royaume de la Paix qui n’excluent aucune apocalypse. Né aux Pays-Bas en 1890, il est décédé en 1976.
BRACHET Lise
Née en 1939 dans une famille de scientifiques plus que rétive aux aspirations artistiques, Lise va se partager pendant de nombreuses années entre la peinture et la dentisterie. Obstinée, elle attendra 1986 pour transformer définitivement son cabinet en atelier.
Avec son sens inné de la couleur, elle crée un monde de rêve. Elle fait danser la campagne et les astres, virevolter les amoureux et les fleurs, mais la portée poétique et ludique de son œuvre se double d’un message plus profond. Lise Brachet met sa spontanéité et son ingénuité naturelle de peintre autodidacte au service des grandes causes humanistes et prône la paix, la tolérance et l’entente entre les humains.
BRANDT Irene
Née en 1955 à Waxweiler (Allemagne), Irène Brandt travaille et vit à Huerth près de Cologne. Comme souvent chez les peintres naïfs totalement autodidactes, elle peint depuis son enfance. Après avoir utilisé des peintures à l’huile, elle s’est spécialisée dans l’acrylique depuis 1996.
Ses œuvres sont colorées et humoristiques, avec parfois des petits accents surréalistes. Ainsi pour accentuer le comique de certaines situations, elle n’hésite pas à se lancer dans les déformations et des disproportions saisissantes.
C’est dans son imagination qu’elle puisse son inspiration. Par son choix de sujets légers et plein d’humour, Irene Brandt veut transmettre sa vision positive de la vie et provoquer un sourire sur le visage du public.
CARSAU Jan
Détenteur d’un diplôme en construction navale, il s’expatrie en France pendant la guerre. Après son mariage en 1961, sa profession de commerçant en articles de cadeau le contraint à voyager dans toute l’Europe. Comme loisir, après le piano trop bruyant en appartement, il se lance dans la peinture et remporte immédiatement un grand concours international.
Son œuvre très personnelle est joyeuse, poétique, fraîche et empreinte de philosophie. Conteur à la palette originale, il multiplie les sujets et les thèmes. Ses peintures et œuvres en relief témoignent d’un regard candide et parfois rebelle sur le monde qui nous entoure. Né à Boom en 1924, il décède à Reet en 2014.
CERNATESCO Jana
Très jeune, Jana Cernatesco (1925-2008) décide de quitter la Roumanie du régime de Ceaucescu pour s’installer définitivement en Belgique. Elle y travaille comme dessinatrice industrielle dans une firme de béton armé.
En peinture, elle illustre des scènes de la vie quotidienne et du folklore belge qu’elle tient pour l’un des plus riches au monde. Elle compose des tableaux inventifs à l’aide d’une palette chatoyante en dominante jaune-ocre. Ses arbres stylisés, touffus, redondants de sève, inondés de fleurs et croulant sous un feuillage abondant, sont reconnaissables au premier regard et confèrent à ses toiles une ambiance calme et mélancolique.
CLOES Nicolas
Au décès de son père, Cloes (1889) devient à moins de dix ans soutien de famille. Apprenti serrurier, il travaille dans la ferronnerie, puis comme ajusteur. La guerre de 14-18 le prive de son gagne-pain, il devient alors chantre organiste à l’église d’Othée (son village de naissance). En 1940, de nouveaux loisirs forcés le poussent vers la peinture. Ce n’est cependant qu’à partir de 1956 qu’il se décide à exposer.
Il peint des scènes narratives avant de se tourner vers les bouquets de fleurs qu’il réalise sur des fonds de couleurs puis sur du noir pour mieux accentuer les contrastes. Les vases font l’objet de soins vigilants, il dessine et découpe leurs profils sur carton pour servir de gabarit. À partir de 1960, il peint des paysages oniriques traités dans des couleurs nacrées. Il meurt à Liège en 1976.
DANDOY Richard
Architecte d’intérieur, Richard Dandoy (1920-2007) dessine, peint, réalise des collages et des modelages, autant de moyens utilisés spontanément pour aboutir à l’insolite, à l’étrange. Son travail, il le décrit comme un cheminement intuitif, parti des racines de la pensée humaine. Il participe à de nombreuses revues poétiques et fantastiques.
« Son œuvre nous inspire, mais ne se définit pas, elle ne détermine rien. C’est un art qui nous place dans un monde ambigu. L’élégante moisissure des jougs nous invite à découvrir d’autres hallucinations, à prendre le chemin qui y mène, large et troublant. Il y a une terre promise au terme de ce type de solitude, un jardin où la flore s’ouvre sur l’insolite, le réel reconquis par le songe. » O. Redon
DE GUIDE Philippe
Pour ce gérant de société qu’est Philippe De Guide (1948-2009), la peinture devient rapidement plus qu’un hobby. Qu’il s’agisse de dénoncer la guerre, les délocalisations, la surpopulation, la pollution… bref toutes les avaries du vingtième siècle, d’aborder la philosophie de Démocrite, le mythe de l’arche de Noé ou la symbolique du labyrinthe; c’est toujours avec une plume légère et le sourire en coin que Philippe De Guide s’attaque à son sujet.
Mêlant encre de Chine et aquarelle, ses œuvres aux tons pastel nous charment et nous entraînent dans un univers fictif aux sérénités factices. Certaines œuvres évoquent les mandalas. Nous mettraient-elles en contact avec notre sagesse profonde ?
DE SOOMER Jeanne
Née en 1925 de parents flamands de milieu modeste, elle fut autodidacte en tout, ce qui lui permit d’aborder des activités fort diverses. Au niveau artistique, elle s’est intéressée, tour à tour, à la sculpture, au modelage et à la musique, mais c’est la peinture qui lui permet de s’exprimer avec le plus de naturel.
Elle peint à l’huile des sujets très divers animés par une foule de personnages et puise volontiers son inspiration dans le folklore et l’histoire de la Belgique. Dans une volonté de clarté narrative et de lisibilité de la scène, elle ordonne son espace en rejetant toutes notions de profondeur, de proportion et de perspective. Elle n’hésite pas à rabattre les plans, à diviser sa toile en registres et même à introduire de courts textes explicatifs.
DELANNOY Michel
Michel Delannoy (1947-2020), d’origine française, a commencé la peinture à 50 ans lors de son intégration au sein de l’atelier de peinture du centre « Le Roseau vert » à Marchipont. Ce fut, pour lui, la découverte d’une passion grandissante, rapidement devenue dévorante.
Son œuvre est issue de nombreuses recherches. Il préfère prendre son temps et apprécie les détails. Chacun de ses tableaux laisse transpirer une partie de lui-même, de son histoire, de ses émotions, de ses envies, de ses passions. Sa peinture est réfléchie, calculée, minutieuse, sans prise de risque, c’est avec plaisir que l’on se laisse happer dans la naïveté de son monde idéal.
DENIS Freddy
Chanteur, compositeur, parolier rock’ n’roll, peintre, sculpteur, accessoiriste, généreux, torturé tel est l’artiste. Alchimiste féru de symbolisme, Freddy Denis dit « Stroff » (1946) met au point une technique de papier mâché qui redonne vie aux vieux journaux. Des visages torturés, bâillonnés aux yeux creux ou aux iris bleus vides, prennent place sur des corps mutilés, des torses ravagés aux membres atrophiés. Ces personnages peuvent être isolés ou assemblés en totem cage, mais toutes ces visions d’angoisses portent en leurs seins l’espoir et le germe du renouveau. Ses peintures à l’encre, aquarelle ou acrylique sont comme des S.O.S. Par ses larmes diluées, les tonalités s’effacent, la matière se fait subtile et l’œuvre en prenant forme apaise et libère l’artiste. Sa démarche, en apparence décousue, est pourtant très cohérente pour qui peut trouver le fil d’Ariane.
DEWEE Albert
Docteur en médecine, Michel Dewee (1894-1978) s’engage comme volontaire et rejoint les tranchées en 1914. Cinquante ans plus tard, des souvenirs rejaillissent et il réalise l’ampleur des souffrances endurées qu’il avait, si longtemps, tues. C’est dans l’atelier animé par sa fille qu’il entreprend ses premiers modelages.
Il manie l’autodérision comme l’humour avec facilité sinon brio. Sous ses formes, parfois un peu rustres, se cachent une réelle philosophie de la vie et un regard triste, mais lucide sur notre pauvre condition humaine. Ses œuvres, jaillies spontanément, souvent à son grand étonnement, témoignent de ses rencontres et de ses expériences.
DIATCHENKO Tamara
Née en 1933, elle rêvait d’être ingénieur et c’est dans la branche ingrate du dessin industriel qu’elle gagnera son pain. En parallèle, elle consacre ses loisirs à sa carrière artistique. Tamara peint, dessine et écrit, mais ce sont les anaglyphes et la sculpture ses travaux de prédilection. Pour leurs réalisations, elle utilise différents matériaux : pierre fine ou semi-précieuse, cuivre, acier, bronze, laiton, ivoire, bois exotique, plexi, aluminium… tout fait farine au bon moulin et participe à cette perpétuelle recherche d’expression et de remise en question.
Depuis quelques années, ses origines ressurgissent. La culture ukrainienne paternelle alliée à la culture tchèque maternelle l’orientent vers un travail qu’elle qualifie de « goût slaves et byzantins ».
DUMONT Olivier
Victime d’un très grave accident de la circulation à l’âge de 12 ans, Olivier Dumont (1971) est déclaré inapte au travail. Après une longue période de dépression et de révolte, il se découvre, la passion du dessin et ensuite de la peinture qui change sa vie. Dans ses productions très abondantes, il fait défiler, dans une explosion de couleurs, des espaces, des constructions, des personnages qui expriment son univers intérieur. Autodidacte, il les livre sans détour, sans retouche, sans habillage. Un art qui interpelle, dénonce notre monde souvent erratique, soit directement, soit par le biais de l’humour. Un art qui sait aussi exprimer la joie de vivre, le simple bonheur d’être là.
FAUCQ Jean
Marchand de frites puis cafetier, Jean Faucq (1900-1978) tenait un estaminet populaire dans les Marolles (un vieux quartier de Bruxelles). Il ne peignait que sporadiquement et vendait ses toiles au « Marché aux Puces » et dans son débit de boissons.
Les ruelles de la capitale, la place du jeu de Balle, la Grand place sous tous ses angles ou Manneken-Pis sont, avec quelques points de vue de la ville d’Anvers, ses sujets favoris presqu’exclusifs. Il peuple ses toiles d’une foule de petits personnages distribués par étagement. Il cloisonne ses formes et pratique le brick à brique des naïfs, mais il s’entend à ménager pour l’œil des zones de repos aux couleurs délicates. Lyrique, il magnifie le sujet banal en le transposant sur le plan poétique.
GOBEAU Xavier
« Prenez un Gobeaux-Canon d’un hiver 62 – un père ingénieur, fort habile – une mère littéraire : il y a matière ! – Quelques années de latin sciences, de la menuiserie, saupoudrez d’un peu d’ébénisterie. Laissez macérer… ajouter de la verdure militaire, une bonne chaîne à l’usine, une dose de montage de stands, un soupçon de psychiatrie.
Laissez mijoter. Épiçons d’une forte dose de spectacles de rues, d’une pincée de décors de théâtre et de nombreuses rencontres extrêmement vivaces. Secouez le tout… »
Telle était la biographie que Xavier nous a laissée avant de tirer son chapeau (1962-2009).
GOBERT François
Dès son accueil au sein du Roseau vert en 1985, François Gobert (1948) s’est immédiatement adonné à la peinture, aujourd’hui passion quasi unique. Grand anxieux, la communication lui est primordiale, raconteur éternel, il glisse du verbal à l’écrit, mais c’est grâce à ses œuvres qu’il transmet le plus.
Droitier « gauche », adepte d’une peinture primitive, son geste est vif, lourd, spontané. Lorsqu’il entre dans ses œuvres avec grande excitation, il libère ses sentiments refoulés. Il utilise une palette de couleurs qui confère énormément d’originalité à son œuvre.
C’est un boulimique de peinture, un consommateur avide avec une satiété jamais assouvie. Quel que soit la technique ou le support employés, un trait commun surplombe toutes ses réalisations : les hommes à travers le masque.
GODDERIDGE Hélène
Licenciée en langues germaniques. C’est à la cinquantaine qu’Hélène Godderidge (1928-1995) découvre la peinture : « enfin le temps pour m’attacher, me perdre, me noyer avec mes personnages et mes mythes, je dois avoir perdu mon âme dans ce monde étrange et fascinant que je crée, un monde qui un jour me captivera pour toujours… Je ne ressens ni fatigue ni désintérêt pour cet univers si merveilleux qui me hante…».
De nature introvertie, le caractère d’Hélène Godderidge se révèle tout autre dès qu’elle parle de ses peintures, son regard alors s’illumine et les anecdotes défilent à vive allure comme dans ses toiles, où mille petites histoires s’entrechoquent dans la joie et la bonne humeur si loin des tracas de la vie quotidienne.
HUYBRECHS Marie-Christine
Elle raconte la vie comme elle la voit ou comme elle voudrait la voir. Pour ce faire, elle ne s’encombre d’aucune règle de dessin et use de tous les stratagèmes propres aux artistes naïfs. Elle n’hésite pas, en toute ingéniosité, à faire fi des proportions, à multiplier les angles de vue et à construire sa scène sur des perspectives multiples et des rabattements de plans.
Elle puise à la fois son inspiration dans son environnement quotidien : la nature, les souvenirs d’enfance, les maisons où elle a vécu… ainsi que dans les épisodes de la bible. De nombreux tableaux ont une dimension religieuse où l’amour tient une place de choix. Les rapports mère/enfant sont également présents dans l’œuvre de cette artiste qui a élevé pas de moins de huit rejetons. Née à La Haye en 1915, elle décède à Courtrai en 1998.
IVANSZKY Laszlo
Hongrois d’origine (1957) ; il se forme dans l’ébénisterie pour apprendre à travailler le bois. La personnalité originale, farfelue diront certains, de Laszlo et sa soif de liberté, l’entraînent dans les méandres exaltants, mais peu sécurisants de la vie de bohème en rupture avec la société.
En sculpture, il ne peut se contenter du façonnage du bois et s’attaque à la terre, au métal, au tissu… Il dessine aussi, peint, crée des assemblages, se lance dans des installations à base d’éléments hétéroclites et teste toutes les matières récupérées parfois sur des sites industriels abandonnés pour cause de contamination.
Il joue à détourner et retourner le sens des objets et des formes tout comme il joue avec les mots et l’écriture créant des poésies, pour lui seul, compréhensibles.
JANNE Emile
Peintre et sculpteur, Emile Janne (1925-2003) pratique avec bonheur l’aquarelle, l’huile, la taille directe, les assemblages métalliques… Il fabrique son papier, à la forme, feuille par feuille, selon les procédés anciens, surtout avec les fibres des plantes de notre pays. Originaire du Bruly et du Gué d’Hossus, Emile Janne porte à l’Ardenne une tendresse particulière. Depuis vingt ans environ, il a abandonné l’art traditionnel pour explorer d’autres voies.
« Mes œuvres sont en réalité des vitrines. Les matériaux sont ce que l’on trouve par hasard sur un chemin, une décharge ou une poubelle. Toutes ces boîtes ont un « pourquoi » bref une clef qui ouvre bien des portes ».
KISSINGER Claudine (CKISS)
Issue d’une famille juive, Claudine Kissinger (1936-2013) passe son enfance à Luxembourg où orpheline de père, elle connaît les angoisses de l’occupation. Plus tard, elle suit son époux en Italie et en Afrique, mais la maladie la ramène en Europe.
Esthéticienne, elle découvre d’abord la couleur via le maquillage puis se lance dans la peinture en 1980. Mais « se lancer » paraît bien sage pour notre artiste, il s’agirait plutôt d’une explosion qui fait virevolter les sentiments et gicler les couleurs.
Claudine signe ses œuvres sous le diminutif de CKiss comme un gros baiser à l’amour et à la vie. Abstraits ou figuratifs, ses tableaux exaltent la liberté et nous racontent tous des histoires de fille, de mère, des histoires de femme. S’il y a bien un artiste à qui l’adjectif spontané va comme un gant, c’est de toute évidence CKiss.
KNOPF Solange
« Née à Bruxelles en 1957, Solange Knopf vit et travaille à Spa (Belgique). Ses œuvres font partie de plusieurs musées aux États-Unis et en Belgique, et de diverses collections en Belgique, France, Suisse et États-Unis, dont La Menil Collection, à Houston. Elle expose régulièrement dans des galeries et des foires en France, en Belgique et aux États-Unis depuis 2003.
Marquée par des voyages qui ont été autant d’expériences spirituelles, elle a poursuivi l’exploration de son monde intérieur par le dessin. Ses dessins sont des labyrinthes dans lesquels elle nous guide sans connaître elle-même le chemin vers la sortie. Seul compte le cheminement. »
Justine Jacquemin – Ixelles – 2017
www.solangeknopf.com
LA HAYE Jean-Marie
« Après une enfance austère et malheureuse et d’obligatoires études de droit, je m’enfuis vers le Congo, en 1965. Juge, à Kinshasa, puis à Kisangani, je me réchauffai le cœur : dansant la Rumba, dans les bras des Ndumba. Je rencontrai les peintres des rues: je les aimai aussitôt, parce que le Palais des Beaux-Arts ne voulait pas (encore) d’eux. En 1974, je rentrai en Belgique. Moi aussi, je voulus peindre. Je peignis des Ndumba, encore et encore. ».
S’inspirant de photos de ses « modèles », prises au Congo et au Brésil, Jean-Marie La Haye (1939) dépeint avec fraîcheur un univers plein de vie où la femme nue et provocante occupe la première place.
LAVALLÉE TOURNAY Louise
Née en 1925 à Monceau, « Loulou » fait des études de garde-malade et soigne des cancéreux à domicile. À partir de 1966, elle se consacre exclusivement au modelage. Elle s’inscrit à l’Académie, mais se montre réfractaire au travail imposé.
Elle aime la terre : sa couleur, son humidité, sa souplesse, son odeur. Elle aime cette masse qu’elle étire et qu’elle creuse pour recréer les personnages de son enfance. Elle ne recherche pas la beauté plastique ni la ressemblance physique. Elle accentue au contraire les défauts, déforme les corps et donne naissance à des êtres proches du grotesque.
Ses figurines, concises par leur volume ; elle les exécute, d’un geste nerveux, gravant juste quelques traits dans la masse afin de leur conserver leur puissance dramatique.
Elle décède en 2010 à Liège.
LEFEVERE DE TEN HOVE Léon (Ker-Hove)
Ce docteur en droit pratiqua d’abord le modelage. Mais la terre cuite exige beaucoup de place, c’est pourquoi lors de son arrivée à Bruxelles, il se tourne plutôt vers la peinture à l’huile. Ses premiers tableaux sont empreints d’inspiration de Bernard Buffet, des cubistes et des expressionnistes flamands. Mais très vite, il trouve son style personnel.
L’humain est son sujet, l’homme face à ses tentations, ses angoisses et ses contradictions. Il aime associer l’amour et la mort, le mariage et le veuvage, la pensée et la chair, la fleur et le cierge.
Il choisit de signer ses œuvres sous un pseudonyme. « Ker-Hove » devient une véritable seconde peau qui lui permet d’exprimer son message contestataire et satirique avec une plus grande liberté.
Né à Gand en 1921, il décède à Bruxelles en 2008.
LEFÈVRE Pierre
Après des études primaires incomplètes, Pierre Lefèvre (1926-2005) pratique divers métiers avant de devenir huissier de ministère. Le soir, il couche sur papier ses histoires, ses souffrances et ses interrogations. La peinture est son principal mode d’expression.
Avec malice et humour, il y jette ses révoltes. Issu de la bourgeoisie et fréquentant le milieu ouvrier, Pierre Lefèvre se sent assis entre deux chaises, alors pour vaincre ses complexes, il caricature les médecins, les magistrats, les ecclésiastiques, toutes ces catégories de gens dont il s’est senti rejeté.
La mort est aussi un thème qui apparaît de façon cyclique dans son œuvre. En proie au doute, il cherche en vain une réponse à sa hantise du néant et crée un monde parallèle de squelettes qui chantent et ripaillent comme les vivants.
LICATA Francesco
En Italie pendant ses temps libres, il se consacre à l’art, tout d’abord à la peinture ensuite à la sculpture. En autodidacte, il utilise divers matériaux : papier mâché, bois, pierre. Né en 1951, il s’installe à Amsterdam à la fin des années 60 où il professe dans la boucherie pendant une vingtaine d’années puis s’établit en Belgique.
Depuis 1990, il s’intéresse aux déchets industriels. Dans ce qu’il intitule son atelier-expo, ce liégeois d’adoption ne manie ni burin ni ciseaux, mais plutôt pinces et tournevis. Son travail procède de la collecte de toutes sortes d’objets utilitaires usagés, principalement métalliques. À l’aide de vis, boulons et clous, il assemble tous ces rebuts et donne naissance à un univers d’humanoïdes recomposés, d’animaux fabuleux ou de machines ingénieuses.
LOQUEN Claudine
Échappant aux classifications, par trop réductrices, l’art de Claudine Loquen (1965) redonne à l’image toute sa puissance d’évocation en nous faisant entrer de plain-pied dans le monde déroutant du rêve et du merveilleux.
La littérature, la poésie et le 7e art constituent la source à laquelle son imagination s’abreuve depuis toujours. Mais, elle puise aussi dans l’histoire de l’humanité, avec une franche prédilection pour les destins tragiques ou romanesques comme Agnès Sorel, Ann Boleyn ou Charlotte Brontë. Car, avant tout, ce sont des histoires qu’elle veut nous raconter et, puisqu’elle est peintre et illustratrice, elle le fait par le biais du trait et de la couleur.
www.claudine-loquen.com
MACHADO RICO Huguette
« Huguette Machado Rico, entraîne le visiteur à la rencontre d’une tribu tranquille, où depuis longtemps les fumées du calumet de la paix ont transcendé toutes les humeurs guerrières, expansionnistes et lointaines.
La singularité de son œuvre tient dans une expression spontanée et en même temps appliquée, loin de tous les canons des beaux-arts. Nous y voyons la marque d’une pulsion créatrice hantée par la nécessité de garder espoir tant que nous respirons, mais aussi de fabriquer une niche où l’on peut se réfugier à l’abri de tous les mauvais coups de l’existence. »
J.C Caire.
Huguette Machado Rico (1942) vit et travaille à Vincennes en France
www.huguette-machado-rico.com
MOREAU Danièle
Sourde de naissance, la peinture et le dessin sont pour elle des modes d’expressions privilégiés. Danièle Moreau (1921-2008) utilise diverses techniques, mais depuis plus d’une dizaine d’années, elle concentre ses recherches sur des créations réalisées à l’aide de simples stylos à bille. Ses supports sont tous des cartons ou papiers récupérés : boîtes de médicaments ouvertes, cartes de tram, souches de magasin, fonds de tarte…
D’un geste sûr et appuyé, elle y dessine des personnages repliés sur eux-mêmes, des visages aux regards vides, des chiens, des insectes, des boîtes et des pots. Tous ces dessins, saturés de traits, s’accumulent dans de grandes caisses en carton. C’est dans ces monceaux de petits papiers qu’elle puise pour réaliser ses compositions.
MORIS René
René Moris (1929) désire garder un certain anonymat et entoure ses rares confidences d’un halo de mystère. Il ne nous appartient pas de scruter sa vie, nous préférons respecter son silence.
L’artiste aborde avec autant de bonheur, le dessin, la peinture ou la sculpture. Il travaille sur des supports aussi variés que la toile, le panneau de bois ou le polyuréthane. Il mêle à la peinture différentes substances suivant l’inspiration du moment : sciure de bois, farine, sucre, margarine… Incessamment, il retravaille ses œuvres, celles-ci connaissent autant d’étapes successives que de factures différenciées.
Pour des raisons de santé physiologique (intoxication aux solvants) et psychologique, René Moris semble avoir interrompu pendant quelques années toute activité artistique
MURAY Fiona
Fiona Murray est née en Irlande du Nord. Cependant, comme elle vit et travaille à Bruxelles depuis plus de 30 ans, elle se considère davantage bruxellesoise qu’irlandaise.
Aussi longtemps qu’elle s’en souvienne, Fiona a toujours ressenti le besoin de peindre. Cela ne veut pas dire que la peinture lui vient facilement : l’acte de peindre est souvent vécu comme un combat.
Quelques fois, il lui arrive de s’attaquer à une peinture avec une vision particulière et bien précise de l’œuvre qu’elle désire obtenir. Mais une fois les premières couches posées, il arrive que le tableau prenne des initiatives et explore des chemins inattendus, comme s’il avait une vie propre et le résultat est souvent bien différent de ce qu’elle avait en tête à l’origine !
Principalement autodidacte, l’artiste qui a le plus inspiré Fiona Murray est Henri Matisse, elle admire particulièrement sa façon d’utiliser les couleurs et les formes audacieuses.
Presque toutes les peintures de Fiona sont inspirées d’endroits dans le monde qu’elle a visités. La mer exerce sur elle une attraction spirituelle et inspirante particulièrement forte. Son exposition en 2013 au Musée d’Art spontané intitulée ‘Vagues et Rafales’ était largement influencée par les vacances en famille à Deauville, Nice et en Irlande. Son exposition de 2022 au Musée s’inspirera principalement de ses voyages vers des destinations plus lointaines et plus exotiques : l’Inde, l’Égypte et la Chine font partie de ces pays explorés qui l’ont inspiré artistiquement, picturalement et humainement.
OSTER Marion
Née en pleine brousse en 1960, Marion Oster, dit Lucrèce, a vécu au Mali et en Mauritanie avant de rejoindre un pensionnat monégasque. Dans la lignée de son enfance en Afrique et de son intérêt pour les civilisations premières, elle a développé un univers tout personnel, à la fois kitsch et féérique où la magie rituelle et les notions de sacré côtoient, non sans humour, un déploiement d’objets quotidiens et les accumulations consuméristes.
Son œuvre est constituée de trois volets : des éléments de mannequins minutieusement constellés de paillettes, des poupées antiques aux tatouages tribaux et de magiques Ex-Voto (autels spirituels et païens). Son travail minutieux et patient aboutit à des créations d’une grande liberté qui nous emmènent au cœur de folklores et traditions réinventées.
PAEPEN Carolus
Durant sa vie (1922-2002), Carolus Paepen exerce différentes professions : mineur, représentant, cuisinier. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, il est prisonnier dans les camps de concentration et en revient très marqué.
Autodidacte, il dessine, peint, écrit, exécute des pochettes de disques, de la céramique, des collages… Il utilise différents matériaux : l’encre, la gouache, l’aquarelle, le marqueur et même le stylo à bille, il les fond en une matière étrange.
« Son aventure artistique rejoint les mondes fantastiques et de la science-fiction. Ses univers peuplés de diplodocus exaltés, de scorpions pleins de tentations apocalyptiques et des monstres hantés, familiers du créateur, se meuvent dans des décors peuplés d’astres noirs. » Alain Viray
PALOTAY Nicolette
Sa carrière professionnelle, Nicolette Palotay (née à Budapest en 1912) la passe en Belgique en compagnie des livres. Elle travaille comme bibliothécaire documentaliste à la Sabena. Douée pour l’écriture, elle traduit aussi de nombreux ouvrages en langue hongroise. À sa retraite, elle troque la plume pour le pinceau et choisit de s’exprimer en peinture, l’unique langue universelle.
Au début de sa carrière en 1974, ses tableaux illustrent le folklore de son pays natal, mais peu à peu son intérêt se tourne vers des thèmes plus universels. C’est avec un œil amusé qu’elle se penche vers les activités humaines qui lui inspirent des œuvres anecdotiques, gorgées d’humour et parfois de critiques grinçantes.
PEPERSACK Marie-Louise
Couturière de métier, c’est en 1940, en pleine guerre mondiale, que Marie-Louise Pepersack (1889-1986) décide de fréquenter l’académie de Bruxelles. Séduit par le caractère à la fois narratif et caustique de son art, le peintre J.J. Gaillard lui donne quelques conseils techniques.
Poète avant tout, elle représente des villes étranges, des farces non dénuées de parenté avec l’esprit de Ghelderode. Un cerne noir, souvent épais, délimite les contours des plans et des personnages, campés dans un décor onirique auquel elle attache une particulière importance.
Pleine de malice, elle se moquait volontiers des critiques qui détectaient dans son œuvre des périodes dont la dernière fut qualifiée, à son grand étonnement, d’orientale.
RENARD Raymond
Scénographe accessoiriste, Raymond Renard (1929-2002) a travaillé pour différents théâtres bruxellois. Il réalise les décors, costumes et affiches en osmose avec les spectacles. Ainsi il crée le tableau « Charcuterie fine » pour la pièce du même nom montée au Théâtre de Poche en 1981. Il y présente les différents protagonistes d’histoires de déchirures familiales par le biais d’un portrait de groupe figé, inquiétant par sa naïveté. Peints de face avec cette tête ronde caractéristique, les personnages ne laissent paraître aucun sentiment de sorte qu’une distance s’établisse entre la violence des propos tenus sur scène et l’image que Raymond Renard nous en donne. Une technique toute personnelle de patine dote ses gouaches d’une atmosphère tendre, feutrée, presque veloutée.
ROELANT BEYER Catherine
Catherine Roelant Beyer est née à Gand en 1967. Après des études de stylisme, elle ouvre une boutique à Bruxelles, quelques années plus tard, elle quitte la Belgique pour s’installer sur la Côte d’Azur. C’est à Antibes qu’elle découvre et se lance à fond dans la pratique de la gravure. De retour en Belgique en 2008, elle s’initie à la céramique.
Elle crée une ASBL » l’Atelier 29 « à Belœil, elle y organise et anime des séances et des stages, d’arts plastiques pour enfants. Elle y invite également des groupes d’enfants avec un handicap mental pour venir créer dans son atelier. Elle participe régulièrement au parcours d’artistes de Belœil ainsi qu’à plusieurs expositions collectives, à Bruxelles, Roubaix, Berlin.
L’art primitif (masques, statuettes, gris-gris) est souvent sa source d’inspiration. Loin de l’art bavard, outrageusement babelisant et auto-justifié, l’œuvre de Catherine Beyer ne se déploie que dans le regard du cœur. Plus qu’une passion, créer est pour elle un besoin vital… Une joie essentielle qu’elle nous fait partager !
ROSTENNE Jean-Pierre
Jean-Pierre Rostenne (1942-2017) est ce que l’on appelle communément un personnage, familier du quartier des Marolles à Bruxelles. Jusqu’il y a peu, il tenait une librairie fourre-tout sur un coin de la rue Haute. Impossible de résumer ou de retracer son parcours : lieutenant de l’armée belge en 1960 au Congo – séjours au Brésil, à Rome, à Paris et en Suisse…
Son œuvre est une critique virulente de la société de consommation et des idées bien pensantes de la bourgeoisie.
Lors de son exposition en octobre 2000, Jean-Pierre Rostenne a transformé les caves du Musée d’Art spontané en véritable caverne d’Ali Baba. Des assemblages de toutes natures et de tous formats réalisés exclusivement avec les rebus de fin de marché de la place du jeu de balle, se côtoyaient dans un gentil capharnaüm.
SCALZO François
Originaire de Sicile, François Scalzo (1921-2008) abandonne l’école à 10 ans et devient berger. En 1952, il débarque à Seraing pour travailler dans les mines de charbon, puis dans la sidérurgie. Il commence à peindre dans les années 60. Ses premiers tableaux sont des reproductions de photos, mais rapidement il trouve sa propre voie.
C’est en observant les comportements humains qu’il puise son inspiration. Il « peint en direct » la société et s’oriente délibérément vers une critique de celle-ci. De tableau en tableau, il nous narre ses souvenirs d’émigrant ainsi que ses courroux et combats de militant des mouvements syndicaux.
Il travaille aussi la terre glaise et réalise des modelages. Ces sculptures ont pour thème les petits métiers d’autrefois, d’ici et d’ailleurs.
SCHAAR Monique
Née à Bruxelles en 1939, Monique Schaar débute la peinture à l’huile en 1970. Monique Schaar utilise une palette étendue, à l’aide d’une technique minutieuse, elle représente ses rêves optimistes où domine une imagination vive et spontanée.
De nombreux tableaux témoignent de son observation amusée de ses contemporains (tels les avocats, les bonnes bourgeoises ou les vieilles commères) dont elle perçoit les petits travers qu’elle transpose avec humour.
Curieuse d’apprendre de nouvelles techniques et d’utiliser différents supports, elle n’hésite pas à peindre des bouteilles, assiettes, meubles, panneaux, portes, murs et à se lancer dans la troisième dimension et le relief.
SCHEINFELD Yeshayashu
En 1929, Yeshayashu Scheinfeld émigre en Israël. Mais la vie au sein du Kibboutz le déçoit et il devient employé à la voirie, puis dans le travail de la pierre. Il s’installe à Petah Tikva.
À l’âge de 60 ans, il revient désillusionné d’un voyage dans son pays natal (la Moldavie) qui est devenu une partie de l’Union Soviétique. C’est alors qu’il décide de recréer sur le papier le paradis qui n’existe pas dans la réalité.
Née en 1909, Yeshayashu Scheinfeld est décédé en 1979.
SNEYERS Jean-Marie
Né à Louvain en 1923, soudeur de métier, pendant ses loisirs, il crée des œuvres peintes d’une grande délicatesse dans leurs compositions. Sa palette se compose tantôt de teintes ocre rouille, tantôt de couleurs pastel ou le blanc tient une place prédominante.
Les sujets favoris de l’artiste, qui semblent jaillir du fin fond d’une grande malle à jouets, sont des marionnettes, des clowns, des poupées, des chevaux de bois ou des ours en peluche sortis tout droit de nos souvenirs d’enfance. Il y a de la douceur, de la gentillesse et de la mélancolie dans l’œuvre de Jean-Marie, on est bien loin de la soudure et du brassage des métaux.
SORE Chantal
Née à Bordeaux en 1946, Chantal Sore passe la plus grande partie de son enfance au Maroc dont elle garde de magnifiques souvenirs. Dans ses images d’une intimité simple, empreintes de tendresse ou d’une discrète cruauté, Chantal Sore raconte des histoires de femme, de maternité, de rêves peuplés d’un bestiaire de contes enfantins ou de fantasmes cauchemardeux.
Son pinceau esquisse l’essentiel, bouscule les formes et pose les couleurs chaudes et généreuses qui la caractérisent. Son œuvre s’articule autour de plusieurs séries : Fleurs, Contes, Animaux, Mariées …
Elle a également réalisé des carnets de voyage inspirés de ses séjours en Inde où elle a animé des ateliers de peinture pour enfant dans le cadre d’une ONG.
www.chantalsore.com
VAN ACKER Jacqueline (Jakline)
« L’art est ma seule manière de mettre des mots sur des sentiments enfouis. Je passe par tous les états en créant, sans analyse. C’est un réel plaisir de toucher toutes ces matières, les assembler et refaire vivre celles destinées à la poubelle.
Je me pose souvent la question de la fuite, de l’échappatoire, le quotidien est tellement routinier. Ce n’est que récemment que j’ai découvert que je n’avais pas à plaire à qui que ce soit. J’ai compris que le parfait n’existe pas. Il fallait sortir des limites des interdits et faire pour soi.
Mes créations me permettent enfin d’exister : exister par moi-même. »
VAN COUTEREN Martine
L’œuvre de Martine Van Couteren alias M. Kafou (1955) trouve tout son sens à la lumière de la dualité de ses origines. À moitié belge, elle utilise une technique de peinture européenne, à moitié congolaise, elle exprime la richesse bigarrée du continent africain.
Formée à l’académie des Beaux-arts de Bruxelles, elle déploie ses talents de peintre tantôt sous forme monumentaliste tantôt dans un style naïf expressionniste. Elle s’adonne aussi avec énergie à sa seconde passion : la danse de jazz.
Sa palette, riche de couleurs, permet d’exprimer et de métamorphoser les humeurs et sentiments du jour. Elle y confronte son expérience concrète de vie occidentale à l’émotion onirique africaine.
VAN DE PUTTE Adrien
Tenté par l’écriture dès 1930, Adrien Van De Putte (1911-1994) publie des poèmes, des nouvelles et des récits radiophoniques pour lesquels il obtient divers prix littéraires. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale qu’attiré par la peinture, il réalise ses premières toiles : des paysages bucoliques inspirés par sa région d’Overijse. Peu à peu, il trouve sa voie et évolue de l’expressionnisme vers un style plus naïf. Il expérimente diverses techniques, dont la gravure, et met au point un procédé personnel à base de pastel liquide qu’il appelle chromatine. Ses thèmes sont variés, allant de compositions figuratives à des imageries proches des contes de fées, mais de toutes ses œuvres, il émerge une sérénité joyeuse, une acceptation apaisée du monde où transparaît son bonheur de peindre.
VAN DEN DRIESCCHE Jan
Petit-fils et fils de peintres, Jan Van den Driescche (1954) commence jeune à griffonner des Spoutnik dans des décors de fêtes foraines. Mais à l’adolescence, des squelettes font irruption et interrompent la fête. Il a perdu sa mère et trois de ses amis proches. Parallèlement, il écrit et poursuit ses études en philologie romane. Lorsqu’il peint, il se sent architecte, régisseur, décorateur, constructeur, metteur en scène, acteur, maquilleur, penseur, éclairagiste… il se sait un être émotif ayant un vécu, un passé qui est mémoire, bibliothèque… À partir de là et usant de toutes ses facultés disponibles en ces instants, il crie, crée et construit des tableaux. Sa peinture est physique, psychique, intellectuelle, sentimentale, romantique et sa souffrance aspire à atteindre une parcelle de vérité universelle.
VAN WEEZENDONK Nora
Dès l’âge de 17 ans, Nora Van Weezendonk (La Haye, 1940) approfondit son apprentissage des techniques de dessin, de peinture et de sculpture. Elle expérimente divers matériaux (bois, porcelaine, tissus, papier mâché…) et innove en intégrant et combinant ces différentes substances pour créer des œuvres originales et personnelles. Ses incessantes recherches l’ont amenée à créer avec sa fille, dans les années nonante, de l’Art à porter : des bijoux uniques et signés NoraLou.
« Nora Van Weezendonk, naïve et cocasse, met dans ses œuvres des personnages en relief, faits de porcelaine, généreusement coloriés et vernis, installés soit dans un paysage peint ou dans un intérieur réalisé par couture et collage de morceaux de tissus. Cela fait guignol. C’est désarmant. Mais certainement inattendu. » Stéphane Rey
VANDEN BERGHE Corinne
Licenciée en psychologie clinique, Corinne Vanden Berghe (Bruxelles, 1965) aurait aimé faire des études artistiques, mais à 18 ans elle est refusée à l’examen d’entrée de la Cambre. Depuis, c’est en parfaite autodidacte qu’elle dessine et peint. Elle utilise diverses techniques : peinture à l’huile, émail, pastel sec, gras, néocolor dilués qu’elle applique en une succession de couches picturales opaques ou transparentes. Elle réalise des séries d’autoportraits et de paysages imaginaires. Elle revisite aussi ses livres de chevet : l’ouvrage de Saint Exupéry « Le petit prince « qu’elle imagine toujours vivant ou « Dialogues avec l’Ange » le best-seller de Gitta Mallasz. Ces dialogues mystiques lui ont inspiré un cycle de peintures monumentales.
www.covanberg.e-monsite.com
VANDEWALLE Véronique
Partagée entre ses origines africaines et européennes, Véronique Vandewalle (Bruxelles, 1966) tend à revendiquer son héritage en privilégiant le traitement de la matière, des couleurs primaires, ainsi que des thèmes évoquant l’homme, la femme, l’enfant et la famille. Cette démarche, point de départ de son cheminement, se traduit par un travail fait de retenue et de force. La toile n’étant pas le support idéal à son expression, elle évolue vers des techniques mixtes : acrylique, bois, cordes et matériaux de récupération. L’œuvre du Musée, Véronique l’a réalisée pendant sa grossesse. Elle l’a brossée pour faire disparaître la peur qui la hantait, à l’idée qu’un jour sa petite fille se laverait les dents en enfonçant la brosse trop loin.
VANDEWATTYNE Jacques
L’œuvre de cet instituteur, artiste autodidacte et polyvalent, est intimement liée au folklore de son terroir. Pendant près de 30 ans, Jacques Vandewattyne (1932-1999) ranime les traditions populaires, se faisant le chantre du Pays des Collines. Il crée avec d’autres le Sabbat des Sorcières, la Foire aux Artisans, le Musée vivant de La Hamaide. En 1984, il réalise le Sentier de l’Étrange, 6 km, en pleine nature, peuplé de diables, sorcières, loups-garous, bêtes à 7 têtes et autres nutons. Dans son manifeste du Folk Art, il prône une attitude artistique fortement teintée de régionalisme qui puise sa source dans l’histoire locale. Sa peinture oscille entre spontané et fantastique en ne dédaignant pas la caricature. Ainsi pour paraphraser Ensor, il peint 3 entrées du diable (Ellezelles, Bruxelles, Paris) représentant pas moins de 300 personnalités: politiciens, artistes, sportifs ou simples voisins.
VANPEPERSTRAETE Paul
Né en 1939 à Laeken, Paul Vanpeperstraete (Vanpeper) est issu d’une lignée d’artistes et de saltimbanques qui vont marquer ses rêves, son imagination et sa personnalité. Il passe son enfance dans la tranquillité d’Écaussinnes, auprès de sa mère aquarelliste. De cette douceur maternelle, il conserve une nostalgie émue et un goût pour la solitude. Quant à son père, Norbert Benoit, peut-être écrasa-t-il de sa forte personnalité celle d’un enfant trop sensible.
Les poupées déglinguées, squelettes tordus, prothèses, jambes artificielles, fœtus et embryons dans le formol sont les bibelots qui garnissent la maison. Ces collections paternelles vont fortement imprégner le subconscient du jeune Paul. Mais la demeure est ravagée par un incendie. L’artiste n’aura alors de cesse de faire ressurgir des décombres, ce passé injustement trop tôt révolu.
VEDOVATO Guido
Né en 1961 à Vicence (Italie). Autodidacte, il commence sa carrière de peintre au milieu des années septante et ses premières expositions en 1986.
Ses peintures sont inspirées par les scènes de la vie, les gens, les animaux et la montagne où il vécut longtemps. Il peint à l’huile sur des toiles de grandes tailles, avec un style très original qui ne peut être classé dans aucun style de peinture ou d’école existante.
En sculpture, il a une prédilection pour les bois primitifs et les figures en terracotta brute ou colorée dont les formes rappellent les sculptures traditionnelles et populaires du nord-est de la région alpine d’Italie.
VERT-NIBET Michèle
Michèle Vert-Nibet vit au Perthus où elle est née en 1948. Durant vingt-quatre ans, elle s’est engagée dans la municipalité de sa commune avec deux mandats en tant qu’adjoint et deux mandats comme Maire. En 2008, Michèle Vert-Nibet a été nommée Maire Honoraire de la commune du Perthus.
Parallèlement, cheffe d’entreprise ainsi que peintre et écrivaine, ses multiples facettes lui ont donné une perception particulière du fait frontalier. Dans sa peinture qui est de facture naïve, elle dépeint avec poésie une vision personnelle et authentique de la vie.
Elle réalise également des sculptures à l’aide de matériaux de récupération dont une série étonnante de carburateurs peints.
www.vert-nibet.com
VILASCO Éric
Après avoir opéré comme grenadier-voltigeur dans les troupes de marine française en Outre-mer et comme agent de sécurité privée en Côte d’Ivoire et au Mali, Éric Vilasco (Laeken, 1968) rentre en Belgique. Souffrant de troubles bipolaires sévères, la création artistique devient pour lui plus qu’une nécessité. Il pratique à la fois le dessin, le tatouage, la peinture et la sculpture en bronze à la cire perdue. Mais c’est surtout dans les montages et les ready-mades qu’il excelle. Attiré par la philosophie animiste, il assemble les matières et les objets avec le souci du respect de leur vécu antérieur les ligaturant afin de leur rendre une vie propre et définitive au sein de ses sculptures totems.
ericvilasco.org
VILLAGGI Mario
Son premier contact avec la peinture ressemble à un gag. Au début des années 80, il a 20 ans et est reçu chez des amis fréquentant les beaux-arts. « Tiens Mario, m’ont-ils dit, voici de la peinture. Tous les invités ici doivent s’exprimer sur un coin de mur. Vas-y ! Depuis, je n’ai plus d’autre choix : je dois créer. »
Il réalise ses premières œuvres sur de vieux planchers de rames de métro puis affine sa technique. Bientôt il se ne concentre plus que sur un seul sujet : les visages. Ses portraits muets, torturés ou rieurs, ont un côté spontané et aléatoire. Il joue aussi sur le contraste des couleurs pour donner du rythme et éviter le statisme. « Comme un autiste qui refait inlassablement les mêmes mouvements dans sa bulle, je répète depuis 15 ans un travail quasiment identique. Cela me permet de garder l’esprit libre. »
VINCKE Pascale
Née en 1974 à Antoing, Pascale Vincke a fréquenté les ateliers du Créahm Bruxelles de 1986 à 1998. Date à laquelle ; elle abandonne le dessin, en proie à des troubles liés à son autisme. Artiste précoce, dès son arrivée au Créahm elle réalise des œuvres témoignant d’une grande aptitude graphique et d’une maîtrise étonnante alors qu’elle n’a que 12 ans. Elle travaille le crayon, le pastel, la litho et la linogravure, la peinture convenant peu à son tempérament impatient et spontané. S’inspirant des magazines, elle s’approprie les modèles féminins superficiels et au moyen de quelques décalages et distorsions, elle leur confère une nouvelle personnalité. Si elle éprouve des problèmes avec les nez qu’elle ne dessine généralement pas, elle anime, par contre, les visages d’une émotion singulière remarquable par les regards.
ZIBERFAIN Beverly
L’extravagance, la confusion et la variété de sa ville de New York (où elle voit le jour en 1961), Berverly Ziberfain les reflète dans ses peintures par des couleurs exubérantes et des compositions axées sur la notion de désordre. Influencée au niveau technique par le réalisme et l’impressionnisme, elle puise son inspiration au contact de nombreux mouvements. Si elle s’intéresse aux artistes classiques comme Calder, Giacometti, Gauguin, Picasso ou Klee, elle se tourne aussi volontiers vers des formes culturelles plus underground comme le graffiti, le punk, la bande dessinée et les mouvements rock avant-gardistes New-Yorkais. Les parents de Berverly sont tous deux immigrants, survivants de l’Holocauste. Les souffrances et les épreuves qu’ils ont vécues expliquent l’humanisme allié à une forme de dureté que l’on trouve dans ses toiles.
